Le Parisien. Pollution : les médecins parisiens tirent la sonnette d’alarme

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Pollution : les médecins parisiens tirent la sonnette d’alarme

Les effets de la pollutions ont connus par les médecins. Aujourd’hui, ils veulent faire sortir le problème du silence de leur cabinet.

Céline Carez | Publié le 14.02.2013, 03h59


L’Institut de veille sanitaire évalue à 3000 le nombre de décès  annuels dus  à la pollution dans les neuf  principales villes françaises, dont Paris et sa banlieue.

L’Institut de veille sanitaire évalue à 3000 le nombre de décès annuels dus à la pollution dans les neuf  principales villes françaises, dont Paris et sa banlieue. | (LP/Olivier Corsan.)

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La sentence est lourde : aux abords du périphérique, un habitant a une espérance de vie amputée de sept mois. La faute à la pollution et notamment aux particules fines. Le constat a été dressé par l’InVS (Institut de veille sanitaire) en 2011. Mais aujourd’hui, des médecins généralistes de tirent la sonnette d’alarme.
 
Regroupés en collectif (http://appeldesmedecinsdeparis.overblog.com), une trentaine de praticiens, dont un médecin précurseur dans la lutte contre le saturnisme, un membre du Syndicat des médecins, un élu écologiste, interpellent les pouvoirs publics « sur la gravité de la situation » et appellent leurs confrères à signer une pétition.

Les doléances ne sont pas nouvelles : la progression de 20% de l’asthme chez les enfants est connue… La progression des toux chroniques a déjà été déplorée ainsi que les rhinopharyngites sans cause, les trachéites des villes, les pathologies cardiovasculaires chez les plus de 65 ans. Bernard Jomier, médecin de quartier, également élu (EELV) dans le XIXe arrondissement, estime cependant qu’« il faut refuser l’indifférence face à cette atteinte à la de nos patients ».

Le généraliste rappelle que dans la lutte contre le tabac, un autre dossier de santé publique, il aura fallu plus de vingt ans entre les premières alarmes et la loi Evin de 1991, interdisant de fumer dans les lieux publics et encadrant la publicité.

A l’origine du sursaut de ce collectif, la vaste étude Aphekom de mars 2011, menée par 60 scientifiques et coordonnée par l’InVS. Le 8 janvier dernier, elle a été réactualisée dans le bulletin épidémiologique. « Nous nous sommes alors décidés à agir », lance le médecin. L’InVS évalue à 3000 le nombre de décès annuels dus à la pollution dans les neuf principales villes françaises, dont et sa banlieue.

« Il faut sortir de la confidentialité de notre cabinet médical, glisse Gauthier Desmarchelier. Et dénoncer ce que nous vivons tous les jours à ausculter nos patients. Nous devons prendre nos responsabilités. »

« La qualité de l’air à Paris s’est dégradée », assure Bernard Jomier. L’Union européenne a même entamé une procédure de sanctions contre le mauvais élève France, avec à la clé de lourdes pénalités financières et des « conséquences désastreuses » en matière de santé publique pour les Franciliens.

Le collectif de médecins ne propose aucune solution mais demande à l’Etat et à la Ville de Paris d’agir. Airparif (réseau de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France agréé par le ministère de l’Environnement), qui mesure les pics de pollution sur la capitale, explose trop souvent les compteurs…

Le Parisien

Rédigé par Appel des médecins de Paris

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